Construire avec le climat : passer de l’exception à la norme

On le sait, les projets immobiliers qu’on construit aujourd’hui seront et sont déjà mis à l’épreuve des changements climatiques, que ce soit pour lutter contre ces changements (en limitant les émissions de GES associés à ces projets) ou pour s’adapter à leurs effets et permettre aux futurs résidents d’être eux même plus résilients.

Dans les faits, les projets immobiliers résidentiels qui prennent en compte ces questions sont encore de l’ordre de l’exception au Québec, et c’est encore plus vrai pour les projets à destination des populations les plus vulnérables. Alors, comment passer de l’exception à la norme ? C’était tout le sujet du panel Vivre en Ville du 25 novembre 2020.

Quatre panélistes ont répondu à nos questions : Daniel Cyr, urbaniste à la Ville de Laval, Jacinthe Côté, urbaniste à l’arrondissement Saint-Laurent de Montréal, Laurent Levesque, directeur général et co-fondateur de l’UTILE et Bruno Verge, architecte senior chez Boon architecture.

Voici quelques éléments de synthèse des discussions :

– En tant que municipalité, deux grandes stratégies se complètent pour assurer des développements immobiliers durables. Tout d’abord il y a bien entendu la réglementation pour tout ou partie du territoire. Ensuite, des dispositifs plus incitatifs comme le forum immobilier de la Ville de Laval, ou encore leur guide de design, permettent d’accompagner les développeurs immobiliers dans les stratégies à déployer pour dépasser les standards de construction. Du côté de l’arrondissement Saint Laurent, les deux leviers sont utilisés. Des discussions sont engagées également avec les développeurs immobiliers pour les amener vers des constructions durables dès lors qu’ils passent par une demande de dérogation.

– Les développeurs immobiliers ont souligné l’importance d’une réglementation uniforme, au moins à l’échelle d’une municipalité, pour éviter toute concurrence qui tirerait vers le bas en termes de durabilité et résilience des bâtiments.

– Lorsqu’on aborde plus spécifiquement les mesures de lutte et adaptation aux changements climatiques pour les bâtiments, on réduit trop souvent le sujet à la performance énergétique. Il faut élargir les champs d’action pour aller vers la neutralité carbone et le choix des matériaux. L’UTILE par exemple souhaite généraliser la construction bois et les analyses de cycles de vie pour ses projets. De son côté, Boon Architecture pose le souhait de voir les réglementations municipales évoluer vers l’obligation de constructions carboneutres comme c’est le cas à Toronto ou Boston.

 

Pour voir ou revoir le panel, c’est ici.