Steeve et Olivier Groleau

Steeve et Olivier Groleau: créateurs de milieux de vie à Saint-Georges en Beauce

Depuis 2019, Atlas Société Immobilière, représenté par Steeve et Olivier Groleau, sont accompagnés dans le cadre de l’initiative Construire avec le climat de Vivre en Ville pour la réalisation de projets résidentiels multilogements à Saint-Georges, en Beauce. Ils partagent leur expérience afin d’inspirer d’autres développeurs immobiliers à leur emboîter le pas. Entrevue croisée entre deux générations d’entrepreneurs.

« Avant, on cherchait juste à construire des logements, maintenant on pense à concevoir un milieu de vie. »

C’est à Saint-Georges en Beauce que les frères Éric et Steeve Groleau ont fondé Atlas Société Immobilière avec leur père, il y a plus de 20 ans. Depuis 2004, l’entreprise se spécialise dans le développement d’immeubles locatifs.

« À cette époque, on trouvait que les espaces verts, c’était de la perte d’espace autour des projets, que les locataires ne s’en servaient pas », nous confie Steeve Groleau. Avec le recul, cette vision lui paraît à des années lumières de leur approche actuelle. Depuis quelques années, la famille Groleau a opéré un véritable changement de cap vers des pratiques plus durables et adaptées aux changements climatiques.

Changer de cap: une affaire de famille

Olivier Groleau, le fils de Steeve, rejoint l’entreprise en 2019 après avoir étudié le bâtiment durable à l’institut Watson, en Floride. Dès son arrivée, il entreprend des démarches auprès d’Écobâtiment et de l’initiative Construire avec le climat de Vivre en Ville pour intégrer de nouvelles pratiques durables aux activités de l’entreprise familiale.

À la même époque, la compagnie acquiert deux terrains dans le centre-ville de Saint-Georges, dans un secteur assez dégradé et très peu valorisé. C’est l’occasion idéale pour la famille Groleau de mettre en œuvre de nouvelles pratiques durables. « C’était un des pires coins de Saint-Georges à l’époque. On trouvait ça malheureux, c’est presque par conscience morale qu’on a travaillé là dessus, qu’on a voulu relever ça. », se souvient Olivier Groleau.

De la création de logement à celle de milieux de vie

Le père et le fils ont alors l’idée d’un projet un peu différent. Au lieu des blocs de 4 à 6 logements habituels, ils conçoivent un projet de 36 logements, plus dense que leurs projets habituels, avec une forte vocation environnementale et sociale.

Steeve raconte: « Olivier me parlait de ses études à l’université. Je lui parlais du terrain de la 2ème Avenue. Je me souviens lui avoir dit : « écoute on pourrait faire quelque chose de différent, on pourrait regarder pour du LEED aussi. »

Les experts de Vivre en Ville les ont accompagnés et leur ont fourni des ressources pour approfondir la vocation environnementale et sociale du projet.

« Vous avez créé une obligation morale, on n’est plus capable de faire autrement, maintenant qu’on sait comment faire ! » Depuis que l’entreprise familiale a été accompagnée par Vivre en Ville, il voit les bénéfices que ces projets lui apportent. « Avec l’accompagnement, c’est moins stressant de se lancer. », nous confie Steeve.

Pour Olivier, la vision du bâtiment durable a aussi évolué vers une approche plus large : « Maintenant on pense à mieux concevoir tout ce qui englobe le bâtiment, et pas seulement la bâtisse en tant que telle. »

Désormais, Steeve et Olivier ne se voient plus revenir en arrière. Et le reste de leur équipe non plus. « Ça a allumé des lumières pour tout le monde. »

Des défis ?

Comme promoteur privé non subventionné, le principal défi rencontré par la famille Groleau a été de trouver le bon équilibre entre la conscience environnementale et la rentabilité économique de l’immeuble. Un défi financier qu’ils considèrent plus facile à approcher. En effet, la demande est grandissante pour des logements plus durables. « On ne veut plus seulement vivre dans un espace où on prend son auto et on s’en va. Les gens veulent un vrai milieu de vie. »

Mais un autre défi se dessine : trouver la main-d’œuvre qualifiée pour les accompagner dans leur projet LEED dans une région où de tels projets sont rares. L’entreprise envisage de se tourner vers des professionnels venus de Québec pour certains volets : « Ce n’est pas qu’on ne voudrait pas former les entreprises locales, mais on n’a pas forcément le budget nécessaire. »

Leur fierté ?

Leur plus grande fierté, ce sont leurs deux plus récents projets encore en construction, respectivement sur la 36e Rue et la 2e Avenue à Saint-Georges.

Pour le premier projet, le concept a été retravaillé pour diminuer le stationnement et créer davantage d’espaces verts, à la fois pour les résidents et pour une meilleure intégration au voisinage. Une gestion à ciel ouvert des eaux pluviales est aussi envisagée.

Quant au second projet, il viendra ajouter 36 logements en plein centre-ville, participant ainsi à sa consolidation. Une dizaine de logements seront destinés à des populations immigrantes avec un volet communautaire incluant une cuisine commune.

Les deux projets visent une certification LEED : une première inspirante à Saint-Georges pour du multilogement. « Quand tout va être fini, ça va changer le centre-ville, ça va le faire rayonner. On veut faire de la belle densification. », se félicite Steeve Groleau.

Un conseil : bien s’entourer

Lorsqu’on leur demande quel conseil ils aimeraient donner à d’autres entrepreneurs comme eux, Steeve et Olivier sont unanimes : il ne faut pas pas essayer de tout faire par soi-même et ne pas hésiter à aller chercher de l’appui à l’externe. « Pour faire des projets comme ça, il faut s’entourer des bonnes personnes. On aurait pu lire des livres là-dessus, il y en a des milliers : mais comment savoir ce qui fonctionne, ce qui est rentable ? »

Tout aussi convaincu que son fils, Steeve Groleau souhaite désormais continuer à mobiliser les acteurs autour de lui, à commencer par les municipalités. « Elles ont aussi un rôle à jouer pour inciter les promoteurs à changer leurs pratiques. »